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Les ordinateurs quantiques, pierre angulaire de la fusion nucléaire ? Choses à Savoir TECH VERTE

La fusion nucléaire contrôlée promet depuis des décennies une énergie abondante et peu carbonée. Ses progrès peuvent sembler lents, mais les obstacles scientifiques et industriels sont immenses. Certains spécialistes estiment même que les performances obtenues ont progressé à un rythme comparable à la loi de Moore, qui décrit l’augmentation régulière de la puissance des microprocesseurs.Le principal retard concerne aujourd’hui ITER, le réacteur expérimental construit dans le sud de la France. Son chantier ne peut être accéléré sans risquer d’introduire de nouvelles difficultés, et aucun projet alternatif ne semble encore capable de le concurrencer sérieusement. ITER ne produira d’ailleurs pas d’électricité : il doit seulement démontrer qu’une réaction de fusion peut être entretenue. Une décarbonation massive grâce à cette technologie paraît donc improbable avant les années 2050. D’ici là, d’autres solutions restent indispensables face au réchauffement climatique.L’un des problèmes majeurs concerne le combustible. La réaction envisagée associe du deutérium, abondant dans les océans, et du tritium, un élément radioactif instable qui n’existe pratiquement pas à l’état naturel. Il faut actuellement le produire en petites quantités dans des réacteurs nucléaires à fission. Mais la fusion deutérium-tritium libère des neutrons très énergétiques. En frappant du lithium placé dans les parois du réacteur, ceux-ci peuvent produire du nouveau tritium. Une faible quantité initiale suffirait donc théoriquement à démarrer la réaction, avant que le réacteur ne fabrique progressivement son propre combustible.Encore faut-il concevoir une couverture contenant du lithium capable de résister à la chaleur, aux champs magnétiques et au bombardement neutronique. Pour étudier ces matériaux, des chercheurs américains ont combiné supercalculateurs classiques, intelligence artificielle et processeurs quantiques. Ils ont ainsi simulé neuf configurations moléculaires du FLiBe, un sel fondu composé de fluor, de lithium et de béryllium. Cette méthode leur a permis d’étudier sa structure électronique, sa stabilité et sa capacité à capturer le tritium.Cette preuve de principe ne résout pas encore l’approvisionnement en combustible d’ITER. Elle montre néanmoins que le calcul quantique pourrait accélérer la conception des futures couvertures tritigènes. Les prochaines étapes consisteront à simuler des molécules plus complexes et à transformer cette méthode en outil utilisable par les ingénieurs de la fusion. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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