
Choses à savoir Tech Verte
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Produire de l’électricité en mélangeant eau douce et de mer ? – Choses à Savoir TECH VERTE
À Fukuoka, dans le sud du Japon, une centrale électrique mise sur une énergie encore méconnue : l’énergie osmotique. Inaugurée l’été dernier, cette installation exploite une idée simple en apparence, mais techniquement complexe : produire de l’électricité grâce à la rencontre entre l’eau douce et l’eau salée.On appelle parfois cette ressource « énergie bleue ». Elle repose sur le gradient de salinité, c’est-à-dire la différence de concentration en sel entre deux eaux. Lorsqu’une eau douce et une eau très salée sont séparées par une membrane spéciale, l’eau douce tend naturellement à passer vers le côté le plus salé. Ce mouvement crée une pression, qui peut ensuite être utilisée pour faire tourner une turbine et produire de l’électricité.La centrale de Fukuoka utilise précisément cette méthode, appelée osmose par pression retardée, ou PRO. Elle a été installée dans l’enceinte du centre de dessalement Uminonakamichi Nata. L’intérêt de ce site est particulier : il permet d’utiliser de la saumure, c’est-à-dire une eau très concentrée en sel, issue du dessalement, ainsi que des eaux usées traitées. Cette combinaison renforce l’écart de salinité, améliore le rendement et limite l’impact environnemental. L’installation est présentée comme la première de ce type en Asie et la deuxième au monde à fonctionner en continu. Sa production attendue atteint 880 000 kilowattheures par an, soit de quoi alimenter environ 220 à 300 foyers japonais. C’est l’équivalent de deux terrains de football couverts de panneaux solaires très performants.Mais cette technologie reste chère. Son coût est estimé à environ 2,20 euros par kilowattheure, un niveau encore trop élevé pour concurrencer les grandes filières énergétiques actuelles. Le principal défi concerne les membranes osmotiques, dont l’efficacité doit encore progresser. L’intérêt mondial demeure pourtant réel. Des projets existent ou ont existé au Danemark, en Corée du Sud, en Espagne, au Qatar ou en Australie. Dans les scénarios les plus optimistes, l’énergie osmotique pourrait couvrir jusqu’à 15 % de la demande énergétique mondiale. Pour les spécialistes, Fukuoka représente donc une étape modeste, mais importante : la preuve qu’une énergie propre, continue et renouvelable peut aussi naître du simple contraste entre sel et eau douce. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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